Editos

Edito N°4

Edito du Secrétaire Général

Tous coupables de « kpayo » ?

Porto-Novo,  le 08 Aout 2013

Des compatriotes tombent sous les balles de leur propre armée ; perdent leur gagne-pain ; vivent dans la peur et la psychose. Tandis que d’autres ne parviennent plus à vaquer à leur occupations habituelles faute de carburant pour alimenter automobiles, machines, groupes électrogènes, réchauds et parfois lampes d’éclairage.

Des répercussions énormes aussi bien sur l’économie nationale mais également sur la paix commune. Aucun regroupement politique d’envergure nationale ne pouvait ne pas donner à ce contexte de répression toute la dimension et l’attention requises. Mais toute appréciation doit être empreinte de beaucoup de responsabilité et de conscience. En effet, le pays ne gagne rien à voir les différents protagonistes, en réalité presque toute la population béninoise et même au-delà, s’affronter comme si aucune autre approche n’est possible. En cela, la dimension internationale du trafic ne se démontre plus puisque le produit en provenance du Nigeria se retrouve dans plusieurs autres pays dont surtout le Bénin, territoire de transit par excellence.

Ainsi, toute approche nationale, pour être efficace, gagnerait à arborer une ouverture sur le grand voisin pourvoyeur de l’essentiel du « kpayo ». On voit bien la difficulté à arrêter le trafic malgré les différents programmes mis en place par l’Etat béninois depuis plusieurs décennies. Parce que les agents chargés de conduire les opérations de répression ne disposent pas davantage de prise sur les circuits d’approvisionnement. Toute la lutte se résout à des saisies sur étalage et quelques rares fois dans des dépôts sauvages très souvent mobiles et difficiles à détecter. Le tout sur fond de complicité ambiante des populations des localités concernées par les expéditions des hommes en uniforme. À moins de déployer des agents des forces de l’ordre dans chaque rue, devant chaque agglomération. Encore faudrait-il répertorier tous les points d’accès au territoire national, étalés sur plusieurs centaines de km de frontière.

Ce serait la victoire des deux Etats (le Nigeria et le Bénin) de pouvoir, en synergie, intégrer le « kpayo » dans leurs économies réelles respectives. À défaut, les efforts de valorisation des régions de prédilection du trafic (la vallée de l’Ouémé entre autres) devraient être renforcés. Ceci à travers des programmes de développement visant à faire reculer davantage les frontières de la pauvreté et de l’analphabétisme. L’amélioration du niveau de scolarisation des populations surtout les plus jeunes, favoriserait leur implication qualitative dans le processus. L’élévation du niveau de responsabilité face au phénomène exige donc plusieurs centres d’intérêt dont les populations à la base, les pouvoirs publics nationaux et enfin les mécanismes sous régionaux. 

 

Wabi  KARIM FAGBEMI
Sécrétaire Général du Parti du Renouveau Démocratique

 

 

 

 

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